« UNE TRÈS GRANDE FIERTÉ »
Après avoir battu Chambly, le Racing CFF (N2) est l’un des trois clubs franciliens (avec le PSG et le Paris FC) encore en lice en Coupe de France. En 16èmes de finale, les Ciel et Blanc recevront Lille pour un superbe défi. Interview du défenseur et capitaine du Racing Ababacar Paye.
Comment vos coéquipiers et vous vivez cette superbe aventure en Coupe de France ?
On vit quelque chose d’incroyable. Notre groupe a toujours envie d’aller plus loin, de continuer.
Vous êtes encore en lice alors que vous avez joué vos cinq matches précédents à l’extérieur !
Les premiers tours à l’extérieur, c’est un peu normal parce que nous avons joué des équipes d’un niveau inférieur. Après, plus les tours avancent, plus c’est compliqué. Mais ça reste une performance d’être passés cinq fois.
En 32ème de finale, vous avez arraché la qualification à Chambly à la dernière minute…
C’était magnifique. C’est un scénario que l’on a déjà vécu en championnat, mais en Coupe, c’est différent. Surtout que l’on affrontait une grosse équipe de notre championnat, qui est classée 3ème actuellement. Les battre chez eux, cela nous a vraiment fait plaisir et donné beaucoup de confiance.
Et vous êtes récompensés de ce très beau parcours avec un 16ème de finale face à Lille…
C’est une belle récompense. Après, sur ce tirage, je reste mitigé : quand on est joueur, on veut toujours affronter une grosse équipe, que ce soit Lille, Lyon ou le Paris Saint-Germain, mais on veut aussi aller loin dans la compétition parce que l’on veut revivre ces moments. Maintenant qu’on sait que notre adversaire sera Lille, on va essayer de passer. C’est une belle récompense pour le club, les supporters, nous… On va essayer de se jauger face à une équipe de Ligue 1 qui tourne bien.
En tant que défenseur, pensez-vous déjà aux Lillois que vous allez affronter, notamment l’attaquant Jonathan David ?
Oui, je reçois énormément de messages par rapport à Jonathan David, Zhegrova… Ce sont des joueurs qui sont au top niveau européen. La saison dernière, Jonathan David a terminé deuxième meilleur buteur de Ligue 1 derrière Mbappé. On va être confronté à ce qui se fait de mieux en Ligue 1, voire en Europe. Pour l’instant, on va se concentrer sur le championnat, mais on va regarder Lille, voir comment ils jouent, se déplacent sur le terrain… Cela va être une expérience enrichissante. Imaginez, on joue face à ce qui se fait de mieux en Ligue 1.
Vous avez joué dans beaucoup de clubs d’Île-de-France (Aulnay, Livry-Gargan, Jeanne d’Arc Drancy, Paris 13 Atletico et le Racing), est-ce aussi une fierté pour vous de faire partie d’un des trois clubs franciliens encore en lice dans cette Coupe de France ?
Oui, bien sûr. Ce sont trois grands clubs, historiques, auxquels on pourrait ajouter le Red Star. Cela fait vraiment plaisir. Toute l’Île-de-France est derrière le « Petit Poucet » de la région. C’est vrai que j’ai joué dans beaucoup de clubs de région parisienne. Dans ma carrière, c’est la première fois que je vais en 16èmes de finale de Coupe de France avec un club francilien, j’avais déjà atteint ce tour avec Beauvais, mais dans un format différent de la Coupe de France quand il y avait le Covid. En plus, la Coupe de France est plus dure en région parisienne. Donc arriver jusqu’en 16èmes de finale, c’est une très grande fierté.
Ce parcours en Coupe peut-il aussi vous aider pour le championnat ?
Oui, le championnat, c’est notre quotidien. Au tour précédent, Nous avons eu la chance de tomber face à une équipe de notre championnat en réussissant à nous mettre en valeur. Cela va nous aider et nous permettre d’envoyer un message aux équipes de notre championnat, de leur dire que nous sommes toujours là. Cela nous permet aussi de rester dans une dynamique, les autres équipes ne jouent pas pendant que nous sommes en lice en Coupe de France. On enchaîne des matches de bon niveau au lieu de faire des matches amicaux. La Coupe n’est que bénéfique pour le championnat.
Crédit photo : compte Twitter @racing_cff
Quelle soirée ! 🌟
📸 Arthur Breton pic.twitter.com/7l24IFBQvy
— Racing Club de France Football (@racing_cff) January 7, 2024

Le Président Jamel Sandjak et Kadidiatou Diani après une finale de Coupe de Paris Ile-de-France remportée avec Juvisy 
Modeste, le porte-bonheur
La métamorphose s’est vraiment faite lors du passage des U14 à U15. Je pense qu’il y a eu un déclic dans sa tête. Pendant l’été, il a énormément travaillé avec un petit groupe de 3-4 joueurs. Ils sont revenus au mois d’août pour la préparation, c’étaient des machines. Et lui, c’était vraiment impressionnant. Pourtant, on le connaissait tous, mais on était choqués, physiquement et même techniquement. C’était un garçon très travailleur, donc on ne se faisait pas de soucis, j’ai toujours cru en lui. Mais à ce point là, non (rires) ! En U11, les jeunes vivaient tous dans le même quartier, se connaissaient tous et il se faisait un peu chambrer. J’avais dit aux autres : « Vous verrez George, il sera bon ». Il avait la bonne mentalité, une marge de progression. Je pensais qu’il serait très bon en DH ou en R1, que si quelqu’un lui faisait confiance, il pouvait aller plus haut. Mais, pas du tout à ce point là, sauf en U15. Là, je me suis dit : « Si quelqu’un le prend, il va au bout ». C’était sûr, il était trop au-dessus, c’était impressionnant. Et encore, c’était la saison du Covid donc on n’a fait que 5 journées de championnat, et il était déjà à 11 ou 12 buts. Après, avec le Covid, il n’y avait plus de championnat ni d’entraînement. Ensuite, on pouvait juste faire des rencontres entre les U15 et les U16 et, de match en match, il progressait. En fait, il a continué sur sa lancée, il ne s’arrêtait plus de progresser. Il prenait les informations et les assimilait à une vitesse impressionnante. Parfois, on décelait des petits manques, on travaillait à peine une semaine et, le week-end, on constatait que c’était assimilé. La progression qu’il a eue était vraiment fulgurante. Il a signé à Amiens et y a fait son parcours, rapide aussi.
Quand je l’entraînais, son Papa était au Nigéria et sa Maman était en France avec ses frères et sœurs. Depuis son arrivée en U11, j’étais un peu le relais de la famille au niveau administratif, quand sa Maman avait besoin, elle me demandait, parce qu’elle ne parlait pas très bien français au début. Donc j’étais souvent chez eux, on est très proches. En U15, quand tout le monde parlait de George, il n’a jamais pris la grosse tête, et ses parents nous ont toujours fait confiance, au club et à moi. Et c’est toujours le cas, alors qu’il joue en Ligue des Champions. Il n’y a rien qui change, ça aide pour grandir quand on est un enfant.
Sa génération, à Antony, je les ai eus pendant quatre ans. Avec tous les enfants que j’ai eus, nous sommes très proches, que ce soit ceux qui ont continué le foot ou arrêté. Nous sommes toujours en lien, avec les parents aussi. Pour George, ce n’est que le début, en tout cas on l’espère, parce que ça va très vite dans les deux sens dans le football. »
On a attendu qu’il soit en âge d’avoir une licence et on l’a intégré aux débutants. C’était un bon petit gamin, qui faisait plaisir à voir, toujours avec un ballon, passionné. Il était aussi très calme, bien élevé. Au niveau football, Warren avait quelque chose qui sautait aux yeux. On avait 200 enfants au club, et tout de suite on a remarqué chez lui une aisance technique et une intelligence dans la réflexion du jeu et du positionnement. Il était différent parce que, quand il recevait le ballon, il savait déjà quoi en faire. Il ne cherchait pas à dribbler tous les gamins ou à jouer personnel. Il avait cette envie de faire briller les autres et on avait l’impression qu’à 5 ans, déjà, il pouvait jouer avec les 8-9 ans. Il était petit, chétif, ce n’était pas celui que l’on connaît aujourd’hui, donc je le protégeais. Comme un enfant surdoué à l’école que l’on ne peut pas garder dans une classe s’il s’ennuie, j’ai pris la décision de le faire jouer avec les 6 ans quand il avait 5 ans. Avec les 6 ans, c’était déjà facile donc je l’ai mis avec les 7 ans. Là aussi, c’était facile donc je l’ai aussi fait passer avec les 8 ans en cours d’année. Et quand il avait 6 ans et demi-7 ans, je le faisais carrément jouer avec les U9. Parfois, il y avait 4-5 kilos d’écart, voire plus, avec les autres. Il était plus petit donc on veillait à ce qu’il ne prenne pas des coups. On disait aux autres : « s’il marque ça vaut double », parce qu’il était plus petit. C’était mignon de challenger les grands. Quand les autres joueurs, plus grands, ne le connaissaient pas, ils demandaient pourquoi on le mettait avec eux. Ils avaient presque honte de jouer avec un petit, je leur disais « on en parlera plus tard ». Et à la fin de l’entraînement, ils disaient « ah oui c’est vrai, il est bon Warren » (rires). Je suis le premier à l’avoir surclassé avant le PSG, mais c’était pour son bien.
Warren Zaïre-Emery est le quatrième enfant en partant de la gauche sur la rangée du haut