L’ENTENTE, HISTOIRE DE COUPE
Pour le compte des 32es de finale de la Coupe de France, l’Entente Sannois Saint-Gratien (N3) reçoit les Girondins de Bordeaux samedi à 18h. Présentation de cette affiche pour le football francilien avec l’entraîneur de l’Entente SSG, Jimmy Modeste.
Un spécialiste de la Coupe
Samedi, ce sera l’ambiance des grands soirs au Stade Michel Hidalgo de Saint-Gratien, qui sera à guichets fermés. Recevoir les Girondins de Bordeaux (Ligue 2) est forcément un événement, même quand on est un spécialiste de la compétition. Car l’Entente Sannois-Gratien (N3) a déjà une belle histoire avec la « doyenne ». « Certains anciens parlent de revanche », explique l’entraîneur de l’ESSG Jimmy Modeste, en faisant référence au 8e de finale de 2006 perdu à… Bordeaux (2-1). « Le club a eu l’habitude, avec Vincent Bordot (dont il était l’adjoint), d’atteindre au minimum les 32es de finale », poursuit Modeste. « De très belles équipes sont venues jouer à Hidalgo, Lens, Toulouse, Montpellier et Nantes. » Il y a quatre ans, le club valdoisien avait réalisé un superbe exploit sur son terrain en éliminant les Montpelliérains (1-0). Un grand souvenir : « Tout ce qu’il s’est passé avant, pendant et après le match, l’ambiance avec les supporters… A chaque fois que l’on arrive à la date à laquelle s’est jouée cette rencontre, les joueurs remettent la vidéo du but. Cela a créé quelque chose entre ce groupe de joueurs et le staff qui restera gravé pour toujours ».
Modeste, le porte-bonheur
Jimmy Modeste a lui-même une histoire assez extraordinaire avec la Coupe de France. En janvier 2019, il a vécu pleinement la magie de la Coupe, avec deux victoires contres des clubs pros en 24h ! « A l’époque, j’étais entraîneur adjoint de l’Entente (alors en National) et de Noisy-le-Grand (R1). J’ai eu la chance que les deux équipes ne jouent pas le même jour, j’ai pu participer aux deux matches. Cela a été un week-end vraiment fou parce que, à peine le match de Sannois terminé, je devais basculer sur celui de Noisy. Le dimanche soir, après ces deux victoires, j’avais du mal à me rendre compte de la chance que j’avais d’avoir pu réaliser cet exploit avec les deux clubs en éliminant deux équipes pros, Montpellier (L1) et le Gazélec Ajaccio (L2). » Et si l’on ajoute à cela une victoire avec le Paris FC (alors en National) à Toulouse (L1) en tant que joueur, et une autre face à Lens (L1) avec le Red Star en tant qu’entraîneur adjoint, on comprend que Jimmy Modeste est un vrai porte-bonheur dans cette compétition.
Faire opérer la magie
Retour au présent, avec cette Entente 2023-2024 qui peut écrire une nouvelle page de l’histoire de club : « Depuis le tirage, on a tout mis en place pour aborder ce match sans pression et réaliser de belles choses, en se disant qu’on a la chance de jouer un club aussi prestigieux. Bordeaux, c’est un grand club, malgré les soucis qu’ils ont eu ces dernières années. On préfère un tirage comme celui-ci plutôt qu’un club de N2 ou N3. Il y aura nos familles, beaucoup d’enfants du club. Je vais essayer de faire profiter à mes joueurs de mon expérience, pour faire opérer la magie une fois de plus. En Coupe de France, tout est possible ».
Les rencontres des clubs franciliens en 32es de finale :
ENTENTE SSG (N3) – GIRONDINS DE BORDEAUX (L2)
FC CHAMBLY OISE (N2) – RACING CLUB DE FRANCE (N2)
OLYMPIQUE ALÈS (N2) – PARIS FC (L2)
US REVEL (R1) – PARIS SAINT-GERMAIN (L1)
La métamorphose s’est vraiment faite lors du passage des U14 à U15. Je pense qu’il y a eu un déclic dans sa tête. Pendant l’été, il a énormément travaillé avec un petit groupe de 3-4 joueurs. Ils sont revenus au mois d’août pour la préparation, c’étaient des machines. Et lui, c’était vraiment impressionnant. Pourtant, on le connaissait tous, mais on était choqués, physiquement et même techniquement. C’était un garçon très travailleur, donc on ne se faisait pas de soucis, j’ai toujours cru en lui. Mais à ce point là, non (rires) ! En U11, les jeunes vivaient tous dans le même quartier, se connaissaient tous et il se faisait un peu chambrer. J’avais dit aux autres : « Vous verrez George, il sera bon ». Il avait la bonne mentalité, une marge de progression. Je pensais qu’il serait très bon en DH ou en R1, que si quelqu’un lui faisait confiance, il pouvait aller plus haut. Mais, pas du tout à ce point là, sauf en U15. Là, je me suis dit : « Si quelqu’un le prend, il va au bout ». C’était sûr, il était trop au-dessus, c’était impressionnant. Et encore, c’était la saison du Covid donc on n’a fait que 5 journées de championnat, et il était déjà à 11 ou 12 buts. Après, avec le Covid, il n’y avait plus de championnat ni d’entraînement. Ensuite, on pouvait juste faire des rencontres entre les U15 et les U16 et, de match en match, il progressait. En fait, il a continué sur sa lancée, il ne s’arrêtait plus de progresser. Il prenait les informations et les assimilait à une vitesse impressionnante. Parfois, on décelait des petits manques, on travaillait à peine une semaine et, le week-end, on constatait que c’était assimilé. La progression qu’il a eue était vraiment fulgurante. Il a signé à Amiens et y a fait son parcours, rapide aussi.
Quand je l’entraînais, son Papa était au Nigéria et sa Maman était en France avec ses frères et sœurs. Depuis son arrivée en U11, j’étais un peu le relais de la famille au niveau administratif, quand sa Maman avait besoin, elle me demandait, parce qu’elle ne parlait pas très bien français au début. Donc j’étais souvent chez eux, on est très proches. En U15, quand tout le monde parlait de George, il n’a jamais pris la grosse tête, et ses parents nous ont toujours fait confiance, au club et à moi. Et c’est toujours le cas, alors qu’il joue en Ligue des Champions. Il n’y a rien qui change, ça aide pour grandir quand on est un enfant.
Sa génération, à Antony, je les ai eus pendant quatre ans. Avec tous les enfants que j’ai eus, nous sommes très proches, que ce soit ceux qui ont continué le foot ou arrêté. Nous sommes toujours en lien, avec les parents aussi. Pour George, ce n’est que le début, en tout cas on l’espère, parce que ça va très vite dans les deux sens dans le football. »
On a attendu qu’il soit en âge d’avoir une licence et on l’a intégré aux débutants. C’était un bon petit gamin, qui faisait plaisir à voir, toujours avec un ballon, passionné. Il était aussi très calme, bien élevé. Au niveau football, Warren avait quelque chose qui sautait aux yeux. On avait 200 enfants au club, et tout de suite on a remarqué chez lui une aisance technique et une intelligence dans la réflexion du jeu et du positionnement. Il était différent parce que, quand il recevait le ballon, il savait déjà quoi en faire. Il ne cherchait pas à dribbler tous les gamins ou à jouer personnel. Il avait cette envie de faire briller les autres et on avait l’impression qu’à 5 ans, déjà, il pouvait jouer avec les 8-9 ans. Il était petit, chétif, ce n’était pas celui que l’on connaît aujourd’hui, donc je le protégeais. Comme un enfant surdoué à l’école que l’on ne peut pas garder dans une classe s’il s’ennuie, j’ai pris la décision de le faire jouer avec les 6 ans quand il avait 5 ans. Avec les 6 ans, c’était déjà facile donc je l’ai mis avec les 7 ans. Là aussi, c’était facile donc je l’ai aussi fait passer avec les 8 ans en cours d’année. Et quand il avait 6 ans et demi-7 ans, je le faisais carrément jouer avec les U9. Parfois, il y avait 4-5 kilos d’écart, voire plus, avec les autres. Il était plus petit donc on veillait à ce qu’il ne prenne pas des coups. On disait aux autres : « s’il marque ça vaut double », parce qu’il était plus petit. C’était mignon de challenger les grands. Quand les autres joueurs, plus grands, ne le connaissaient pas, ils demandaient pourquoi on le mettait avec eux. Ils avaient presque honte de jouer avec un petit, je leur disais « on en parlera plus tard ». Et à la fin de l’entraînement, ils disaient « ah oui c’est vrai, il est bon Warren » (rires). Je suis le premier à l’avoir surclassé avant le PSG, mais c’était pour son bien.
Warren Zaïre-Emery est le quatrième enfant en partant de la gauche sur la rangée du haut


