« J’AI ENTRAÎNÉ »… KYLIAN MBAPPÉ
Publié le 03/07/2026
Il est le phare de la formation francilienne, une immense star de la planète football qui est train de briller à la Coupe du Monde : Kylian Mbappé a, comme William Saliba, été formé à l’AS Bondy. Antonio Riccardi, qui l’a entraîné dans le club séquano-dyonisien, raconte la naissance du phénomène de son point de vue d’éducateur.
« Kylian, il y a un lien affectif particulier. Ses parents sont des gens très importants pour moi. Son papa m’a entraîné et j’ai embrassé la carrière d’éducateur avec lui comme modèle. C’était une sorte de mentor, de tuteur. Ce sont des gens qui m’ont emmené en vacances quand j’étais jeune, sa maman m’a aussi fait travailler quand elle était directrice de centre de loisirs et que j’étais étudiant. Donc Kylian, je l’ai connu tout petit, quand il avait 3-4 ans.
C’était un fou de football, il voulait manger du foot du matin au soir. C’était sa passion, tout tournait autour du football. Il évoluait dans une sphère foot puisque le papa était responsable du club (AS Bondy) avec Monsieur Suner. Donc, très tôt, il voyait les entraînements, entendait les causeries. En plus, ils habitaient à côte du stade à l’époque, il fallait juste descendre. Le Stade Léo-Lagrange, c’était presque son jardin.
Kylian a commencé le foot en débutants, et c’est à partir des poussins (U10-U11) qu’on a commencé à se dire qu’il était spécial. Comme aujourd’hui, il était très explosif sur les premiers pas, et techniquement, c’était phénoménal. Il avait plus un profil de fixation et de percussion à l’époque. En un contre un, c’était trop fort. Passement de jambes à gauche, à droite, il répétait les gestes… C’était un dribbleur, et il allait vite. Aujourd’hui, il y a de la puissance parce qu’il y a des muscles. A l’époque, c’était explosif, il allait trop vite, notamment sur les changements de direction.
Au début, je suivais souvent Wilfried (Mbappé) dans ses catégories. En poussins, il y avait Kylian mais aussi Jonathan Ikoné dans la même équipe. Un à gauche, un à droite, c’était impressionnant. Deux joueurs qui vont devenir internationaux plus tard ! Deux joueurs de la même génération, de la même équipe, qui portent ensuite le maillot de l’équipe de France, c’est incroyable.
J’ai eu Kylian quand il était surclassé, en U13 régionaux et en U15 DSR. Un joueur phénoménal. Il prenait une autre dimension. Plus il grandissait, plus il se développait. C’était un garçon très tranquille. J’avais l’avantage de le connaître personnellement, ses parents aussi, donc il y avait une relation particulière. Il était très simple à gérer. Un garçon passionné, qui ne demande qu’à jouer, s’amuser, progresser et être performant.
Comme William (Saliba) plus tard, Kylian était surclassé pour qu’il y ait plus de difficultés et le faire progresser. Il faisait des différences individuelles extraordinaires, et on savait qu’il allait se développer athlétiquement avec l’âge. Et même en étant surclassé, en affrontant des joueurs plus puissants, c’était le meilleur buteur, le joueur-phare.
Quand il jouait, parfois, dans sa tranche d’âge, les différences qu’il faisait étaient fracassantes. Quand je l’avais sur le terrain, 90% du boulot était fait. Sur les tournois, on se rendait compte que le monde du football le connaissait et venait voir le phénomène.
J’ai pu profiter d’avoir un tel talent dans mon équipe, c’est une grande chance et une fierté. Devant moi, j’avais un génie, que l’on l’entraînait comme les autres, bien sûr.
En U13 et U15, en voyant ce qu’il faisait, on se disait que, s’il n’y avait pas de problème, il allait être pro. Maintenant, on ne s’attend jamais à ce qu’un joueur devienne l’un des meilleurs du monde.
Son parcours, c’est une immense fierté. Quand il commence en pro à Monaco et que, rapidement, il « explose » tout, on sait qu’on a à faire à quelqu’un de très très spécial. On se dit alors qu’il ne va pas seulement être pro.
Son histoire, ça catalyse un peu les rêves de gens, qui se disent que ça peut être possible pour eux aussi. Mais il faut faire attention à ça, parce que Kylian, c’est du talent. Et il n’y a pas eu de surentraînement. Le fameux « projet Mbappé », ça n’existe pas. Kylian s’entraînait deux fois par semaine et jouait le week-end. Oui, il vient d’une famille qui lui a permis de baigner dans un environnement foot, avec un papa qui est un extraordinaire éducateur, donc il y a eu des connaissances et des acquis très tôt. Mais il n’y a jamais eu d’entraînement 7 jours sur 7. C’était juste un enfant passionné par le football, inscrit par ses parents dans un club, accompagné par ses parents. C’est tout. Il a été entraîné de la même manière que Jonathan Ikoné, William Saliba, d’autres joueurs partis en centres de formation, et d’autres joueurs qui sont restés à Bondy.
En ce moment, à la Coupe du Monde, on se délecte de ce qu’il se passe. Et on espère que ça va bien se terminer ! »

Pourquoi Kylian Mbappé portait un maillot du Milan AC dans cette interview ? La réponse d’Antonio Riccardi
Je suis un très grand fan du Milan AC, et comme il venait chez nous quand ma mère le gardait, il l’est devenu aussi, par la force des choses. Le club qu’il voyait en Italie, c’était le Milan AC.
Un éducateur formé à la LPIFF
« J’ai passé mon BEF à Morfondé en 2022, et d’ailleurs j’y serai cette semaine pour la FPC (Formation Professionnelle Continue). C’est un lieu très agréable, tranquille, avec ces beaux terrains. J’aime beaucoup cet endroit et je garde de très bons souvenirs de ma formation, avec une super promo, des formateurs bienveillants. Le BEF, c’est vraiment une formation qui parle de football, donc, en tant qu’éducateurs, on est contents de le passer. »