« J’AI ENTRAÎNÉ »… WILLIAM SALIBA
Publié le 24/06/2026
Un joueur formé à l’AS Bondy, considéré comme l’un des meilleurs du monde à son poste, titulaire et performant avec l’équipe de France à la Coupe du Monde actuellement… Non, il ne s’agit pas de Kylian Mbappé, mais du défenseur central d’Arsenal William Saliba ! Antonio Riccardi, qui a été son éducateur dans le club bondynois, raconte son expérience avec le jeune Saliba.
« William, je l’ai eu son année U13 à l’AS Bondy, mais il jouait avec moi en U15 DSR, il était surclassé. Je l’ai vu commencer au club, en débutants. Déjà, il était plus grand que les autres, comme aujourd’hui. Athlétiquement, il avait des prédispositions naturelles et techniquement, c’était déjà un bon joueur. Après, comme tout enfant petit avec un grand corps, il avait du mal à assimiler son corps, donc ça a mis un peu plus du temps. Mais c’était rare de voir ce mélange entre quelqu’un d’assez grand et d’assez fin techniquement.
En U15 DSR avec moi, il jouait milieu défensif. En Débutants, Poussins, Benjamins, il a joué devant, puis après il a commencé à reculer. En Benjamins et en U15 DSR, il était milieu, et quand il est parti à Montfermeil, il est passé derrière.
C’était un super gamin, très enthousiaste, qui savait ce qu’il voulait. Un fou de football. On pouvait le trouver dès le samedi matin, et quasiment toute la semaine, sur le terrain. Il était toujours là.
En U12, il y avait déjà des recruteurs qui venaient à Bondy, surtout qu’il était dans une grosse génération (2001). Mais ce n’était pas celui qui était le plus sous le feu des projecteurs.
Un joueur comme ça, on essaie de l’accompagner, de maximiser ses points forts et de le mettre dans les meilleures conditions pour performer et progresser. Contre des joueurs de son âge, les différences étaient immenses. Avions-nous besoin de ça à Bondy à l’époque ? Non. La réflexion a toujours été autour de la performance et de la progression du joueur. C’est pour ça qu’on l’a surclassé, au même titre que Kylian (Mbappé). Les deux sont des exemples de joueurs qui ont été surclassés très tôt.
Dès que je l’ai vu jouer en pro (à Saint-Étienne), j’ai compris jusqu’où il pouvait aller. Je l’ai vu évoluer derrière, je me suis dit que c’était une évidence. La marge de progression était immense, je voyais ce que tous les grands clubs commençaient à voir en lui. En plus, le fait d’avoir joué sur des postes offensifs lui donne une qualité de relance, de passe, sous la pression du pressing. Il a quand même des qualités techniques assez monstrueuses balle au pied, quand son équipe à le ballon. Défensivement, je n’ai même pas besoin de parler de ses atouts : aujourd’hui, je pense que c’est l’un des meilleurs défenseurs du monde.
On a un vivier qui est extraordinaire. En France, on a la chance d’avoir un pays qui est multiculturel, c’est une force. Et en Île-de-France, avec cet énorme bassin de population, on a statistiquement plus de joueurs, c’est logique. On a peut-être aussi encore un peu cette culture du football de la rue, qui malgré tout disparaît. Nous avons plus de licenciés, et aussi des clubs très structurés, que ce soit au niveau des installations ou des éducateurs. C’est costaud de jouer en Île-de-France. »

William Saliba avec le maillot de Bondy lors de la photo de l’équipe de France rendant hommage aux premiers clubs des Bleus
Un éducateur formé à la LPIFF
« J’ai passé mon BEF à Morfondé en 2022, et d’ailleurs j’y serai cette semaine pour la FPC (Formation Professionnelle Continue). C’est un lieu très agréable, tranquille, avec ces beaux terrains. J’aime beaucoup cet endroit et je garde de très bons souvenirs de ma formation, avec une super promo, des formateurs bienveillants. Le BEF, c’est vraiment une formation qui parle de football, donc, en tant qu’éducateurs, on est contents de le passer. »
Crédit photos : FFF – Simon Morcel