La laïcité au cœur des discussions

Nicolas Cadène, Rapporteur Général de l’Observatoire de la Laïcité, organisme rattaché au Premier Ministre, a rencontré en ce début d’après-midi le Président de la Ligue, Jamel Sandjak. Les deux hommes ont balayé bon nombre de sujets liés à la pratique sportive, et notamment du football, dans le cadre d’une laïcité positive vecteur d’intégration et non pas d’exclusion.

Nicolas Cadène, quel est l’objet de votre visite à la Ligue de Paris Ile-de-France ?
« Nous souhaitions discuter avec le Président Sandjak des réalités de terrain concernant la diversité et la gestion des faits religieux dans les clubs. Voir si cela se passait bien et comment cela était géré très concrètement. »

Comment aider le foot amateur à bien gérer cette dimension de laïcité au sein de ses clubs ? 
« Pour aider le foot amateur, il faut d’abord aider les encadrants, les outiller, les former à ces questions, aux valeurs de la République en général, à la laïcité, à la gestion des faits religieux. Souvent il faut simplement faire preuve de bon sens. Etre à l’écoute des joueurs, des licenciés et savoir parfois poser quelques limites si nécessaire toujours en expliquant les raisons objectives qui aboutissent parfois à certaines interdictions qui sont légitimes pour le cadre collectif et pour la vie dans le club. »

Quel constat objectif faites-vous aujourd’hui de la situation en Ile-de-France ?
« A l’inverse de ce que l’on pourrait parfois entendre, la situation est globalement bonne. Jouer au foot c’est pour se dépenser, faire tout ce que l’on peut pour l’emporter en collectif, avec toute son équipe et participer à ce collectif. Il y a donc en général une très bonne ambiance en termes de gestion de diversité notamment. Parfois il peut y avoir des tensions en raison d’expression excessive d’une religion, d’une conviction de certains contre d’autres. Là, il faut intervenir très vite, même en amont, pour expliquer que tout le monde a le droit dans un régime laïque à penser ce qu’il veut dès lors qu’il ne l’impose pas à autrui et dès lors qu’il ne perturbe pas le bon fonctionnement de la collectivité. »

Les éducateurs, les dirigeants sont au coeur du dispositif, comment les aider à prendre les bonnes décisions ? 
« Il y a des initiatives qui ont été prises. Il va y avoir un guide du Ministère de la jeunesse et des sports qui sera édité pour rappeler quels sont les outils et quelles sont les postures à adopter dans des situations qui pourraient être compliquées. La FFF réfléchit aussi à quelque chose. Il y a également des formations. Il y a notamment le Plan National de Formation que l’observatoire de la laïcité à lancer et qui s’appelle « Valeurs de la République et laïcité » conduit par le CGET (Commissariat Général à l’Egalité des Territoires). Il est ouvert à l’encadrement sportif qui peut suivre gratuitement ces formations qui sont très bien reçues et qui permettent de mieux gérer les difficultés au sein d’un collectif en termes de diversité et de gestion des faits religieux.»

Le sport constitue-t-il encore aujourd’hui un formidable vecteur d’intégration ? 
« Le sport évidemment et le football en particulier car il s’agit d’un sport collectif très implanté dans la société française. C’est par le biais de ce sport que l’on va réussir une parfaite intégration de gens issus d’une très grande diversité, de tous les horizons, pour aller chercher le meilleur de soi-même ensemble en respectant tout le collectif qui nous entoure et en faisant en sorte de faire de cette diversité une vraie richesse au sein du collectif. Bien sûr le sport et en particulier le foot est vecteur d’intégration dans la communauté nationale. »       

 

Par Cyrille Legendre

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