« J’AI ENTRAÎNÉ »… S. BOEY

Publié le 01/02/2024

Au FC Romainville, Boualem et Mourad Daguemoune ont été les premiers à voir à l’oeuvre Sacha Boey, qui vient de signer au Bayern Munich. Les deux frères racontent l’année romainvilloise du latéral droit de 23 ans. 

> La fiche de Sacha Boey

Boualem Daguemoune, entraîneur de Sacha Boey en U12 au FC Romainville, aujourd’hui vice-président du club
« C’est un gamin qui adorait le foot. Il était toujours le premier sur le ballon, à motiver ses coéquipiers. Il était très joyeux et courageux. L’avantage que l’on avait sur le plan géographique, c’est que le stade Jean Guimier était plus proche du quartier de Sacha, à Montreuil, que les clubs de Montreuil.

Sacha Boey (en haut, le 2ème en partant de la droite) avec le FC Romainville

En deux minutes, il m’a tapé dans l’œil le minot. Sur soixante gamins, c’était lui le meilleur, il était vraiment largement au-dessus. Un garçon qui n’avait jamais joué en club meilleur que ceux qui étaient là depuis les U6 ou U7, ça m’a impressionné. Il était déjà très rapide, il avait une très bonne technique, je l’avais mis au milieu. C’était un gamin calme, d’une grande discrétion, le chouchou de la bande. Ces U12A, c’était un petit noyau de 10 joueurs, très bons. Sacha était au-dessus notamment grâce sa vitesse, une rapidité impressionnante. Un éducateur de chez nous a eu l’opportunité de partir au Red Star, un club avec lequel nous sommes partenaires, et il a emmené Sacha. Après, c’était normal qu’il cherche à aller jouer à un niveau supérieur. Pour moi, c’est un parcours cohérent.

Il n’oublie pas d’où il vient, il repasse toujours dans son quartier, il n’a pas oublié ses copains d’enfance. C’est quelqu’un de très simple, qui conseille les petits quand il vient au stade. Même avec son statut de joueur pro, il n’a pas changé. La dernière fois que je l’ai vu, en novembre, il est resté une petite heure avec moi, dans le quartier.

C’est un passionné. Il ne faut pas s’étonner de voir où il est maintenant. Il a toujours aimé le foot et il en a fait son métier. Il n’a pas lâché, a progressé. Quand il veut quelque chose, il travaille, se bat. Et sur les gros matches, en Europa League, en Champion’s League, il est souvent l’un des meilleurs sur le terrain. Pour moi, au niveau de la mentalité, c’est un Ribéry, mais plus calme. Je l’ai eu au téléphone samedi dernier, il est content d’avoir signé au Bayern.


Mourad Daguemoune, Directeur technique du FC Romainville à l’époque, Président du club aujourd’hui
« Sacha a pris sa première licence de foot chez nous, au FC Romainville, en 2011-2012. Il vivait tout près du stade. De mémoire, il est venu avec un copain, Skander. Il avait déjà énormément de qualité pour son âge, il était en catégorie U12. Et quand vous êtes bon, c’est facile. Il était bourré de qualités. Chez nous, il jouait milieu de terrain. Quand un joueur est bon techniquement, on a toujours envie qu’il joue en 10, on veut que cela soit Platini ou Zidane (rires). Il a des liens très forts avec mon petit frère Boualem, qui était éducateur, ils échangent beaucoup.

Sacha était au-dessus de tout le monde. Je me souviens de sa qualité de dribble, il était à l’aise, élégant avec le ballon. Je pensais à ça en le voyant sur un match de Ligue des Champions avec Galatasaray et, la dernière fois qu’il est venu, je lui ai d’ailleurs dit qu’il était cool sur le terrain.

J’ai créé le club en 2008 donc, quand Sacha a pris sa licence, le club avait deux ans d’existence. Comme nous n’étions pas encore connus, les recruteurs des clubs pros ne nous surveillaient pas encore. Pour l’anecdote, le recruteur du Rennes qui a découvert Sacha au Red Star, c’est un copain avec qui on a joué quand on était plus jeunes. Il voyait déjà quelque chose chez lui, il me disait qu’il finirait pro s’il continuait comme ça.

Sacha, c’est un garçon qui aime le foot. Il est attiré comme un aimant par le ballon. Quand il revenait pendant les vacances ou lors des rassemblements en sélection, il jouait toujours avec ses copains. Et quand il vient ici, il va sur le terrain et tape la balle avec les petits. C’est quelqu’un de très chaleureux, qui a toujours le sourire. Il revient nous voir quand il a du temps. C’est un garçon charmant, gentil, respectueux, il n’a pas changé.

C’est une grande fierté d’avoir un joueur passé par notre club qui perce au plus haut niveau. C’est le deuxième, puisqu’on a une ancienne joueuse, Kenza Chapelle, qui évolue en D2 (à Strasbourg) et qui est internationale marocaine. Cela met en valeur la qualité des éducateurs, l’exigence que l’on a. La Seine Saint-Denis, c’est l’un des plus grands viviers du football français. Nous clubs, sommes très engagés pour accompagner les jeunes et nous en sommes fiers. Et Sacha est très attaché à son département, la preuve avec son numéro de maillot à Galatasaray, le 93.

Quand Sacha vient au club et que l’on parle de son parcours, j’insiste auprès des jeunes sur l’importance de l’école. Et Sacha leur dit qu’il faut beaucoup travailler.  Il est humble et n’a pas changé, il a juste grandi, muri. »

Par Florent PIASECKI

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